Au Sénégal, des cantines et des jardins pour apprendre à mieux manger

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Et si l’école permettait à la fois de mieux manger et d’apprendre comment sont produits les aliments ? Au Sénégal, le projet ALIJA associe petits déjeuners équilibrés, sensibilisation à la nutrition, jardins pédagogiques et soutien aux productrices locales. Une initiative portée par le Gret avec l’ONG Agora et soutenue par le CFSI dans le cadre du programme Promotion de l’agriculture familiale en Afrique de l’Ouest (Pafao).

Un petit déjeuner équilibré pour plus de 300 élèves

À l’école, une bonne journée commence aussi par une bonne alimentation. Depuis 2024, le projet « Alimentation scolaire et jardins pédagogiques » (ALIJA) accompagne trois écoles primaires au Sénégal pour améliorer l’alimentation des enfants tout en les sensibilisant à ce qu’ils mangent. Les petits déjeuners sont préparés dans une cuisine centrale avant d’être acheminés chaque matin vers les trois écoles dans des contenants réutilisables. En 2025, 46 525 petits déjeuners ont ainsi été distribués à 322 élèves, âgés de 6 à 14 ans. Mais le projet ne s’arrête pas à l’assiette.

Apprendre à bien manger dès le plus jeune âge

D’où viennent les aliments que nous mangeons ? Comment composer une alimentation équilibrée ? Pourquoi faut-il se laver les mains avant de passer à table ? Tout au long de l’année, les élèves participent à des animations autour de la nutrition, de l’hygiène et de l’agroécologie. Jeux, images, exercices pratiques ou encore quiz permettent d’aborder ces sujets de manière ludique. Les enfants apprennent par exemple à reconnaître l’origine végétale ou animale des aliments, à comprendre l’importance d’une alimentation diversifiée ou encore à adopter les bons gestes d’hygiène. En 2025, les 322 élèves des trois écoles ont participé à ces actions de sensibilisation, aux côtés des enseignants et des parents.

Le jardin devient aussi une salle de classe

Pour aller plus loin, le projet a installé des jardins pédagogiques dans les écoles. L’objectif est simple : permettre aux enfants de découvrir directement comment poussent les aliments et de s’initier à des pratiques agricoles respectueuses de l’environnement. À l’école de Ndialakhar Wolof, élèves, enseignants et parents ont ainsi cultivé de la laitue, du persil, de la betterave, du gombo ou encore de la pastèque. Les enfants ont également appris à fabriquer du compost et des produits naturels permettant de protéger les cultures sans recourir systématiquement aux pesticides chimiques. Une partie des récoltes a pu rejoindre la cantine, tandis que le reste a été vendu aux enseignants et aux habitants du village.

Soutenir aussi les femmes qui produisent localement

ALIJA cherche également à rapprocher les cantines des producteurs et productrices du territoire. Des groupements de femmes ont ainsi été accompagnés dans la production de légumes selon des pratiques agroécologiques. Certaines découvraient pour la première fois le maraîchage. Elles ont bénéficié de formations, de petit matériel et de systèmes d’irrigation. À Goxé et Rao Peul, les productrices ont notamment cultivé des oignons : 100 kg ont été achetés par la cuisine centrale pour préparer les repas des écoliers.

Le projet expérimente donc d’autres moyens de renforcer leur autonomie économique. Trois associations villageoises d’épargne et de crédit réunissant 99 femmes ont notamment été créées. Elles permettent aux participantes d’épargner collectivement et d’accéder à de petits prêts pour développer leurs activités.

Faire des cantines scolaires un véritable projet de territoire

Derrière le petit déjeuner servi chaque matin se dessine ainsi une ambition plus large : faire de l’alimentation scolaire un levier pour mieux nourrir les enfants, sensibiliser les nouvelles générations et soutenir l’agriculture locale.

Le Gret participe également aux réflexions menées avec les pouvoirs publics et d’autres acteurs sénégalais pour renforcer durablement l’alimentation scolaire dans le pays. Ces échanges ont notamment contribué aux travaux autour de la politique nationale de l’alimentation scolaire.

Avec ALIJA, l’école devient ainsi un lieu où l’on peut à la fois manger, apprendre, cultiver et réfléchir à l’alimentation de demain.

Soutenir des systèmes alimentaires plus justes

À travers le programme Promotion de l’agriculture familiale en Afrique de l’Ouest (Pafao), le CFSI accompagne des initiatives qui rapprochent producteurs et consommateurs et permettent aux populations d’accéder à une alimentation locale et de qualité.

Des projets comme ALIJA montrent que des solutions peuvent se construire à l’échelle des territoires, en associant enfants, parents, enseignants, productrices, associations et pouvoirs publics.

Vous souhaitez contribuer à ces initiatives ? En faisant un don au CFSI, vous soutenez des projets qui renforcent l’agriculture familiale, valorisent les productions locales et agissent pour le droit de toutes et tous à une alimentation de qualité.

Chaque don nous aide à faire grandir ces solutions et à construire des systèmes alimentaires plus justes et durables.

 

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